Artwork

Self-Portrait

Self-Portrait, by Chaïm Soutine, oil, 1916
Self-Portrait, by Chaïm Soutine, oil, 1916

Self-Portrait is an oil painting by Chaïm Soutine. It dates from 1916 and is held in the collection of the Hermitage Museum.

About this work

Vue d'ensemble

De format vertical et mesurant 54,0 sur 30,5 centimètres, l'œuvre représente l'artiste en buste, dans une présentation frontale et directe.

Autoportrait est une huile sur toile de Chaïm Soutine, réalisée en 1916 au cours des premières années parisiennes de l'artiste. De format vertical et mesurant 54,0 sur 30,5 centimètres, l'œuvre représente l'artiste en buste, dans une présentation frontale et directe. Le tableau est conservé dans les collections du musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Cet autoportrait appartient à un petit groupe de seulement quatre autoportraits que Soutine a produits tout au long de sa carrière, dont trois datent de la phase précoce de son œuvre. Le tableau illustre l'intensité émotionnelle brute et le traitement pictural vigoureux qui caractériseront la contribution distinctive de Soutine à l'art moderne, établissant sa figure de premier plan de l'École de Paris malgré sa résistance aux mouvements d'avant-garde dominants de son époque.

Sujet et signification

Le sujet est Soutine lui-même, présenté de face plutôt que selon le point de vue plus courant des trois quarts ou de profil des autoportraits d'artistes. La figure fait face au spectateur avec un regard direct et intransigeant qui crée, selon les spécialistes, un lien immédiat et intime entre l'artiste et le regardant. La composition est dépouillée de tout décor ou objet au-delà de la figure elle-même : pas de chevalet, de palette ou de pinceaux, ces attributs traditionnels de l'autoportrait du peintre. Soutine porte un costume sombre et une cravate, choix inhabituel qui lui confère l'apparence d'un bourgeois plutôt que celle d'un artiste en activité. Cette tenue s'apparente à d'autres portraits de Soutine réalisés par des contemporains tels qu'Amedeo Modigliani en 1916-17. L'absence d'outils professionnels et la tenue formelle suggèrent un recadrage délibéré de l'identité artistique, qui met l'accent sur la présence psychologique plutôt que sur la déclaration vocationnelle. Le registre émotionnel est complexe : les sources évoquent une expression qui traduit l'introspection, l'agitation et ce que l'on a décrit comme une tourmente intérieure, avec des yeux grands ouverts et intenses et une bouche serrée qui résistent à toute interprétation facile.

Technique et style

Le tableau est exécuté à l'huile sur toile avec une surface fortement texturée et chargée d'impasto. Des coups de brosse épais et visibles en tons ocre, jaune et brun construisent la tête, avec des accents rouges prononcés sur le nez, les lèvres et les joues qui intensifient la charge émotionnelle. Une peinture sombre délimite la mâchoire et les cheveux, créant un contraste marqué avec les tons chair plus chauds. Le vêtement est rendu en vert avec des rehauts bleus et blancs au col, appliqués avec la même liberté et cette même énergie gestuelle. Le fond consiste en un champ uniforme de peinture jaune-vert aux coups de brosse énergiques et directionnels qui semblent pulser autour de la figure. La lumière tombe uniformément de face avec un modelage d'ombres minimal, aplatissant l'espace pictural et concentrant l'attention sur la surface tactile. La trame de la toile reste visible dans les zones plus fines, particulièrement aux bords du visage, indiquant une application rapide et directe de la peinture. La finition d'ensemble est rugueuse et texturée plutôt que lisse, avec des coups individuellement discernables d'un bout à l'autre de l'œuvre. Une signature sombre apparaît dans le coin inférieur gauche. Ce traitement apparente Soutine aux précédents post-impressionnistes, en particulier Vincent van Gogh, par sa palette vibrante et sa touche libre, tout en poussant vers une physicalité plus brute et immédiate.

Histoire et provenance

Le tableau a été réalisé en 1916 en France, au cours de la période précoce de Soutine à Paris après son arrivée en 1913. L'œuvre entra ensuite dans la collection de Jonas Netter (1867-1946) à Paris, collectionneur important de l'œuvre de Soutine. Elle passa par descendance à sa veuve, Madame Netter, également à Paris. Henry Pearlman acquit le tableau auprès de Madame Netter le 11 juillet 1949, par l'intermédiaire du marchand Vladimir Raykis de la Galerie Zak. L'acquisition de Pearlman fut remarquablement rapide : le marchand insista pour partir immédiatement après l'achat afin d'empêcher la vendeuse de changer d'avis, et au moment de leur retour à la galerie, un message téléphonique de Madame Netter les attendait déjà. Le tableau fut ensuite reproduit en couleurs par Skira Art Book Publications alors qu'il était encore à Paris, ce qui convainquit la vendeuse qu'elle s'en était séparée à contretemps. L'œuvre fut enregistrée sous le numéro 1988.62.23 par la Fondation Henry et Rose Pearlman en 1983, et est désormais conservée par le musée de l'Ermitage.

Contexte

L'autoportrait de Soutine doit être compris dans le contexte plus large de sa résistance aux mouvements d'avant-garde dominants du Paris du début du vingtième siècle. Alors que ses contemporains embrassaient l'expressionnisme, le cubisme, le dadaïsme et le futurisme, Soutine poursuivait une voie plus traditionnelle, cherchant son inspiration chez des maîtres établis dont Rembrandt van Rijn et Jean-Baptiste Siméon Chardin. Sa pratique de l'autoportrait s'inscrit spécifiquement dans la tradition de l'autoportrait d'artiste illustrée par l'Autoportrait en peintre de van Gogh (1887-88) et l'Autoportrait à la palette de Cézanne (1885), bien que Soutine omette notamment les outils du métier que ces prédécesseurs exhibaient. Né en 1893 à Smilavichy, en Biélorussie, dans une famille juive orthodoxe, Soutine avait surmonté l'opposition de sa communauté à sa vocation artistique avant d'arriver à Paris, où il intégra l'atelier de Fernand Cormon et trouva un encouragement décisif auprès d'Amedeo Modigliani. L'intensité émotionnelle de son portraiture, avec ses traits exagérés et ses expressions mélancoliques, a été liée à sa propre expérience de la pauvreté, de maladies chroniques incluant des ulcères gastriques consécutifs à la malnutrition infantile, et au pathos plus général de la vie ouvrière qu'il observait et respectait. Les critiques l'ont souvent qualifié d'expressionniste, bien que cette catégorisation soit compliquée par son éloignement de l'angoisse urbaine typique de l'expressionnisme allemand et son allégeance plus profonde aux qualités matérielles de la peinture à l'huile.

Postérité

L'autoportrait de Soutine et son œuvre plus large exercèrent une influence profonde sur les générations de peintres suivantes. Sa maîtrise de l'impasto, du geste pictural et de la couleur établit un précédent qui résonna auprès des Action Painters de l'après-guerre, dont Willem de Kooning et Jackson Pollock, ainsi qu'auprès de leurs homologues réalistes au Royaume-Uni tels que Francis Bacon et Lucian Freud. Les expressionnistes abstraits en particulier puisèrent dans son approche de l'acte physique de la peinture et de l'immediateté émotionnelle du pigment épaissement appliqué. Le petit nombre d'autoportraits qu'il produisit, quatre au total, a concentré l'attention des chercheurs et des critiques sur chaque exemple, l'Autoportrait de 1916 constituant une déclaration fondatrice de son identité artistique. Le parcours de l'œuvre de la collection Netter, via l'acquisition déterminée d'Henry Pearlman, jusqu'à sa demeure actuelle au musée de l'Ermitage témoigne de sa signification durable. La persévérance de Pearlman pour obtenir le tableau, et le regret subséquent de la vendeuse, indiquent sa valeur reconnue dès l'immédiat après-guerre. Il demeure aujourd'hui un point de repère pour comprendre comment un artiste ancré dans la tradition pouvait néanmoins produire une œuvre d'intensité émotionnelle et physique radicale, reliant les maîtres anciens à l'abstraction moderne.

Untitled
Untitled, Chaïm Soutine

Artist & collection

Portrait of Chaïm Soutine

Artist

Chaïm Soutine

Chaïm Soutine (French:; Russian: Хаим Соломонович Сутин, romanized: Khaim Solomonovich Sutin; Yiddish: חײם סוטין, romanized: Chaim Sutin; 13 January 1893 – 9 August 1943) was a French painter of Belarusian-Jewish origin…

Hermitage Museum

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