Artwork

Le Baiser volé

Le Baiser volé, by Jean Honoré Fragonard, oil, 1794
Le Baiser volé, by Jean Honoré Fragonard, oil, 1794

Le Baiser volé is an oil painting by the Rococo painting artist Jean Honoré Fragonard. It dates from 1794 and is held in the collection of the Hermitage Museum.

About this work

Les aristocrates adoraient ce genre de scènes à l'époque, petites, jolies et pleines de romance discrète.

Cette peinture montre un jeune couple se volant un baiser. Elle est petite, seulement 45 par 55 cm, et peinte à l'huile. La scène semble secrète et ludique, comme une blague privée.

Fragonard l'a peinte en 1787, juste avant que de grands changements ne secouent la France. Les aristocrates adoraient ce genre de scènes à l'époque, petites, jolies et pleines de romance discrète.

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Aperçu

Le Baiser volé est une peinture à l'huile sur toile mesurant 45 par 55 centimètres, exécutée en 1787 et conservée aujourd'hui au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. L'œuvre occupe une place significative dans l'art français de la fin du XVIIIe siècle en tant que scène de genre capturant l'esprit intime et érotique de la période rococo à la veille de la Révolution française. Son attribution a fait l'objet de débats savants : traditionnellement attribuée à Jean-Honoré Fragonard, la peinture a été récemment reconsidérée comme une possible collaboration entre Fragonard et sa belle-sœur et élève Marguerite Gérard, ou même comme l'œuvre exclusive de Gérard. La petite échelle de la peinture, sa technique polie et son sujet clandestin illustrent l'art privé, orienté vers le plaisir, commandé par et pour l'aristocratie française dans les dernières décennies de l'Ancien Régime.

Sujet et signification

La peinture dépeint un moment d'intimité illicite : une jeune femme vêtue d'une ample robe de soie crème aux accents bleus se penche en arrière à travers une porte entrouverte, son corps orienté à l'écart d'une figure masculine qui l'étreint par derrière. Seules ses mains et une partie de sa tête sont visibles, son identité dissimulée. Elle tend son bras gauche pour saisir un tissu rayé qui traîne sur une petite table en bois à côté d'un fauteuil jaune capitonné. À travers la porte ouverte, on aperçoit des figures indistinctes de dames élégamment vêtues, ignorantes de la rencontre. La scène se déroule dans un intérieur somptueux aux murs lambrissés, un tapis à motifs, de lourds rideaux sombres et un miroir ou un tableau encadré reflétant la compagnie lointaine. Un tissu rose drapé pend près du cadre de la porte. L'iconographie du baiser volé s'inspire d'une longue tradition de peinture de genre érotique, la porte servant de seuil entre la bienséance publique et le désir privé. Le recul de la femme suggère à la fois la surprise et la complicité, tandis que l'environnement luxueux, les draperies de soie et le tapis floral encadrent la transgression comme un passe-temps aristocratique. La qualité voyeuriste de la scène, avec son suggestion de secret et de risque, correspond à l'intérêt connu de Fragonard pour le récit érotique, bien que la touche plus retenue ait incité à reconsidérer la possible paternité de Gérard.

Technique et style

La peinture est exécutée à l'huile sur toile avec des dimensions de 45 par 55 centimètres, bien que la version française de Wikipédia donne une mesure légèrement plus précise de 45,1 par 54,8 centimètres. La composition est organisée selon un axe diagonal fort, créé par la figure penchée de la femme, le châle traînant, la porte ouverte du balcon et la table sur laquelle repose le tissu. Ce mouvement diagonal de gauche à droite génère une tension dynamique et une complexité spatiale. La palette s'articule autour de blancs crémeux, de bleus profonds, de tons boisés chauds et de rouges atténués, avec un clair-obscur prononcé illuminant les figures sur un fond ombragé. Le travail de la brosse présente une finition lisse et polie dans le rendu de la soie, du bois et du tissu, tandis qu'une touche plus libre apparaît dans les zones sombres de la composition. Les intersections spatiales sont particulièrement complexes, avec des contrastes entre couleurs et ombres créant de la profondeur. Si la main est celle de Gérard, la technique pourrait refléter sa compétence particulière dans le détail textile et intérieur, acquise lors de son apprentissage auprès de Fragonard.

Histoire et provenance

La mention la plus ancienne datée du Baiser volé apparaît dans le numéro de juin 1788 du Mercure de France, où une gravure de Nicolas François Regnault est annoncée comme pendant du Verrou, confirmant l'existence de la peinture et son attribution à Fragonard à cette date. Dans les années 1790, l'œuvre est achetée par Stanisław August Poniatowski, le dernier monarque de la République des Deux Nations, et figure dans le catalogue de la Galerie royale de peinture du palais de Łazienki à Varsovie en 1795. Les circonstances de l'acquisition restent obscures ; elle pourrait avoir été achetée aux enchères lors de la vente des biens de l'aristocratie française après la Révolution de 1789, ce qui expliquerait à la fois le silence des sources et sa divergence thématique par rapport aux autres œuvres de la collection de Poniatowski. Le roi estimait beaucoup la peinture et souhaitait l'emmener à Saint-Pétersbourg lors de son abdication en 1795, bien que cet envoi n'ait jamais eu lieu. Après la mort de Poniatowski en 1798, sa collection passa à son neveu Józef Poniatowski, puis à la sœur de Józef, Maria Teresa, qui vendit le palais de Łazienki au tsar Alexandre Ier en 1817, transférant ainsi effectivement le Baiser volé à la collection impériale russe. La peinture resta au palais de Łazienki jusqu'en 1895, date à laquelle le conservateur de la collection impériale, Andrei Somov, recommanda son transfert à l'Ermitage, ainsi que quatre autres tableaux de la collection de Stanisław August, pour des raisons de conservation et d'accessibilité. Après l'indépendance de la Pologne en 1918, le gouvernement polonais entreprit des efforts diplomatiques pour récupérer la peinture en tant que trésor national, mais les autorités soviétiques refusèrent, compensant la Pologne avec plusieurs œuvres de moindre valeur ; en 1922, le Baiser volé fut spécifiquement échangé contre la plus petite Femme polonaise, attribuée à Jean-Antoine Watteau, aujourd'hui au Musée national de Varsovie.

Contexte

Le Baiser volé émerge de la phase finale de la carrière de Fragonard, période durant laquelle il produisit une série d'œuvres consacrées au thème du baiser, des sujets qui séduisirent la noblesse française friande de plaisirs sous le règne de Louis XVI. Le format de scène de genre de la peinture et son accent mis sur l'intimité domestique reflètent l'influence de la peinture de l'Âge d'or néerlandais, que Fragonard avait étudiée lors d'une tournée européenne entreprise peu avant cette période. L'œuvre participe également à la culture rococo plus large de l'érotisme et de la folie romantique qui dominait le goût aristocratique français avant la Révolution. À la fin du XIXe siècle, les frères Goncourt redécouvrirent Fragonard sous un jour résolument romantique, le caractérisant comme un conteur libre, un amant galant et un esprit de l'esprit français et d'un génie presque italien. Pourtant, comme le note la version française de Wikipédia, sa carrière ne peut être réduite à de telles scènes amoureuses, même si elles ont établi sa réputation. Le débat d'attribution entourant le Baiser volé reflète des questions plus larges sur la pratique de l'atelier, la collaboration et le statut des artistes femmes au XVIIIe siècle. Le rôle possible de Marguerite Gérard, qu'elle soit collaboratrice ou seule autrice, remet en question les hypothèses traditionnelles sur les limites de l'œuvre de Fragonard et invite à reconsidérer sa propre contribution artistique.

Héritage

Le Baiser volé a perduré comme une image emblématique de l'érotisme rococo, sa petite échelle et son sujet privé incarnant une forme d'art destinée à une consommation aristocratique intime. L'après-vie de la peinture a été façonnée par son déplacement de la Pologne vers la Russie, son rôle dans les litiges de restitution post-révolutionnaires et sa résidence continue à l'Ermitage, où elle reste accessible aux publics internationaux. L'échange de 1922 contre la Femme polonaise de Watteau représente un épisode précoce dans la politique du patrimoine culturel, la compensation arbitraire des autorités soviétiques établissant un précédent pour la propriété contestée. L'attention savante s'est de plus en plus concentrée sur la question de l'attribution, la possible implication de Marguerite Gérard servant d'étude de cas pour la récupération des contributions des artistes femmes historiquement subsumées sous les noms de maîtres masculins. La gravure de 1788 de Regnault assura une diffusion plus large de la composition, tandis que la peinture elle-même est devenue une pierre de touche pour les discussions sur la sexualité rococo, la culture aristocratique et la fragilité de l'attribution dans la peinture française du XVIIIe siècle.

Le Baiser à la Derobée (The Stolen Kiss)
Le Baiser à la Derobée (The Stolen Kiss), Nicolas François Regnault

Artist & collection

Portrait of Jean Honoré Fragonard

Artist

Jean Honoré Fragonard

Jean-Honoré Fragonard was born on 5 April 1732 in Grasse, the son of a glover, and moved with his family to Paris in 1738.

Hermitage Museum

Museum

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