Artwork
The Card Sharp on the Boulevard

The Card Sharp on the Boulevard is an oil painting by the Romanticist artist Louis-Léopold Boilly. It dates from 1806 and is held in the collection of the National Gallery of Art.
- Inscription
- Inscribed:lower left: L.Boilly.1806.
About this work
Aperçu
L'œuvre fait partie des collections de la National Gallery of Art à Washington, D.
Le Tricheur au jeu de cartes sur le boulevard est une peinture à l'huile sur panneau de bois réalisée par l'artiste français Louis-Léopold Boilly, datée de 1806 et mesurant 24 par 33 centimètres. L'œuvre fait partie des collections de la National Gallery of Art à Washington, D.C., où elle est entrée en 2000 sous le numéro d'inventaire 2000.5.1. Elle marque un moment charnière dans la carrière de Boilly, figurant parmi ses premières représentations de la vie quotidienne parisienne, et illustre le tournant démocratique et populiste de la peinture de genre française sous l'ère napoléonienne. Le tableau a été exposé au Salon de 1808, puis à nouveau au Salon de 1814, et reste significatif pour son observation détaillée des dynamiques sociales urbaines et pour l'autorétrait intégré de l'artiste.
Sujet et signification
La peinture dépeint une scène sur le boulevard du Temple dans le Paris de l'époque napoléonienne, présentant plusieurs épisodes de la vie de rue au sein d'une seule composition. À droite, un tricheur ou un prestidigitateur propose des cartes à un groupe de jeunes femmes et d'enfants, tandis qu'une table à tréteaux à proximité expose le matériel d'autres tours : gobelets, balles et dés. L'artiste lui-même apparaît comme une figure sombre et sceptique, coiffée d'un bicorne, au centre du groupe de spectateurs. En arrière-plan à gauche, une foule pénètre dans un café et une pâtisserie, tandis qu'au premier plan à gauche, une jeune femme se livre à la prostitution. Cette superposition de plaisirs licites et illicites crée un panorama social complexe. Les enfants tendant la main vers la figure féminine centrale, la figure militaire observatrice coiffée d'un chapeau à plumes, le couple élégamment vêtu qui passe, et le petit chien en bas à droite contribuent tous à un récit sur la spectatorialité urbaine, la tromperie et les différentes strates de la société parisienne. L'œuvre fonctionne à la fois comme divertissement et comme commentaire social subtil, la présence sceptique de Boilly suggérant une distance d'auteur face aux supercheries en scène.
Technique et style
Boilly a exécuté la peinture à l'huile sur panneau de bois, un support qui a permis une touche lisse et finie ainsi qu'un détail méticuleux, caractéristiques de sa technique. La palette se compose de tons terreux atténués, de verts et de blancs, avec un éclairage plus vif concentré sur les figures centrales, contrastant avec le bâtiment sombre en arrière-plan. L'artiste a prêté une attention particulière aux étoffes et aux visages, rendant costumes et expressions avec précision. La composition est structurée pour guider le regard du spectateur à travers plusieurs épisodes narratifs tout en maintenant la cohérence. La signature et la date, L. Boilly. 1806, apparaissent dans le coin inférieur gauche. Le panneau porte sur son revers les armoiries et le numéro d'inventaire 23 de la Duchesse de Berry. Les critiques contemporains et les visiteurs du Salon ont particulièrement apprécié la technique très fine de Boilly et sa capacité à capturer les détails du costume, des coutumes et du caractère, qu'il a habilement intégrés dans un récit cohérent.
Histoire et provenance
La peinture a d'abord appartenu à Marie-Caroline-Ferdinande-Louise de Naples, Duchesse de Berry (1798-1870), dont les armoiries figurent toujours au revers du panneau. Elle a été vendue de sa collection à Paris le 28 janvier 1848 sous le titre Le diseur de bonne aventure. Les propriétaires suivants comprenaient Forestier, dont la succession l'a vendue à l'Hôtel Drouot en décembre 1871 ; le Duc de Persigny au Château de Charamande, qui l'a vendue en mars 1876 sous le titre Une scène de boulevard ; et un acquéreur nommé Gillet. Elle est réapparue à l'Hôtel Drouot en décembre 1943 sous le titre Scenes des boulevards, chez Sotheby's Monaco en février 1986 sous le titre Scène de Boulevard, et chez Christie's New York le 27 janvier 2000. La National Gallery of Art l'a acquise le 11 février 2000 par l'intermédiaire d'Agnew's Inc., Londres. L'œuvre a été exposée au Salon de 1808 à Paris sous le numéro 55, jumelée à son pendant Jeunes Savoyards montrant leur marmotte. Elle est réapparue au Salon de 1814, organisé à la hâte après la Restauration bourbonienne. Parmi les expositions plus récentes figurent Art for the Nation: Collecting for a New Century à la National Gallery of Art (2000-2001), la tournée The Age of Watteau, Chardin, and Fragonard (2003-2004), et la rétrospective Boilly au Palais des Beaux-Arts de Lille (2011-2012).
Héritage
Le Tricheur au jeu de cartes sur le boulevard a maintenu sa réputation de délicieux instantané de la vie parisienne des premières années de l'Empire, restant captivant pour les publics contemporains. Son acquisition par la National Gallery of Art en 2000, facilitée par Agnew's Inc. et mentionnée dans le New York Times, a assuré sa place dans une grande collection publique. L'influence de la peinture réside moins dans une imitation stylistique directe que dans son exemplification d'un mode de peinture de genre populiste et socialement observateur, faisant le pont entre la tradition du XVIIIe siècle de Watteau et les tendances réalistes émergentes du XIXe siècle. En tant que pendant de Jeunes Savoyards montrant leur marmotte, elle fait partie d'une exploration programmatique des divertissements de rue parisiens. L'autorétrait intégré ajoute une couche de réflexivité d'auteur qui a attiré l'intérêt des chercheurs. L'œuvre continue de servir de document de référence pour comprendre la culture visuelle du Paris napoléonien, la sociologie de ses boulevards et la transformation de la peinture de genre française dans les décennies suivant la Révolution.
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