Artwork
The Colossus

The Colossus is an oil painting by the Romanticist artist Francisco de Goya. It dates from 1818 and is held in the collection of the Museo del Prado.
About this work
Sujet et signification
L'œuvre est largement analysée comme une allégorie de la guerre d'indépendance espagnole, bien que les interpretations du rôle du géant divergent.
Le tableau représente un géant colossal et nu s'élevant au-dessus d'un paysage montagneux, avec des nuages dissimulant ses cuisses et ses poings serrés dans une posture agressive ou défensive. En contrebas, une sombre vallée est remplie de gens, de bétail et de chevaux fuyant dans un désordre chaotique, tandis qu'un âne solitaire reste immobile, interprété par certains chercheurs comme un symbole d'ignorance ou d'incompréhension au milieu de l'horreur. L'œuvre est largement analysée comme une allégorie de la guerre d'indépendance espagnole, bien que les interpretations du rôle du géant divergent. Une vue, soutenue par Nigel Glendinning, relie la figure à Juan Bautista Arriaza et à son poème patriotique Profecía del Pirineo, suggérant que le géant représente le peuple espagnol se soulevant pour s'opposer à l'invasion napoléonienne. À l'inverse, d'autres analyses proposent que la figure incarne la menace de la guerre elle-même, représentant potentiellement Napoléon ou la violence aveugle, compte tenu de son expression menaçante et de ses yeux fermés.
Technique et style
Le Colosse est exécuté à l'huile sur toile, mesurant 116 × 105 cm, et est conservé au Museo del Prado à Madrid. Sa technique a été comparée à celle des Peintures noires de Goya, exécutées à l'origine sur les murs de la Quinta del Sordo, avec de petites figures dans la vallée inférieure rendues en coups de pinceau rapides et libres semblables à ceux de La Prairie de San Isidro (1788). Sur le plan stylistique, Nigel Glendinning retrace ses caractéristiques, la figure menaçante de taille disproportionnée et la foule agitée, jusqu'à des planches des Caprichos (1799), notamment les numéros 3 et 52, ainsi qu'à des dessins dans les carnets de croquis de Goya. La composition s'organise autour d'une dispersion organique et romantique de figures en fuite plutôt que la géométrie axiale et rationnelle du néoclassicisme. Une lumière crépusculaire rasant, interrompue par les masses montagneuses, isole les nuages ceignant le colosse et accentue le sentiment de déséquilibre. Une étude technique commandée par le Prado a néanmoins identifié des faiblesses, une musculature grossière, une manière hésitante et un cavalier tombant de manière peu physique, jugés incongrus avec la manière de Goya, ce qui a conduit certains experts à attribuer l'œuvre à son élève Asensio Juliá, bien que le musée l'ait finalement reclassée comme d'un indéterminé « suiveur de Goya », avant de la réattribuer à Goya en 2021.
Histoire et provenance
Le Colosse est traditionnellement attribué à Francisco de Goya et est censé avoir été peint vers 1808, au début de la guerre d'indépendance espagnole, bien que sa date d'exécution exacte reste inconnue. La première référence documentée apparaît dans l'inventaire de 1812 de la succession de Josefa Bayeu, épouse de Goya, qui décrit un tableau d'« un géant » avec des mesures correspondant au Colosse et est marqué d'un X (pour Javier Goya) et du numéro 18. Cette même année, le tableau devint la propriété du fils de Goya, Javier Goya. Il passa ensuite à Miguel Fernández Durán, marquis de Perales, et après sa mort en 1833 fut hérité par son arrière-petit-fils Pedro Fernández Durán. L'œuvre est enregistrée dans la succession de 1877 de Paula Bernaldo de Quirós, marquise de Perales, évaluée à 1 500 pesetas. En 1931, Pedro Fernández Durán léguait le tableau au Museo del Prado à Madrid, où il est demeuré depuis.
Le Colosse est conservé dans les collections du Museo del Prado à Madrid depuis 1931. Le tableau est entré dans les fonds du musée par le legs de Pedro Fernández Durán, qui avait précédemment acquis l'œuvre après sa possession par le fils de Goya, Javier Goya, et le marquis de Perales. Les archives historiques indiquent que le tableau était inscrit dans la succession de Paula Bernaldo de Quirós en 1877 avant de passer à Durán.
Concernant son histoire d'exposition, le Museo del Prado a notamment exclu le tableau de sa grande exposition intitulée « Goya en tiempo de guerra ». Cette décision accompagnait la réattribution temporaire de l'œuvre à Asensio Juliá sur la base d'analyses techniques. Le tableau continue d'être exposé dans les galeries du musée consacrées au XIXe siècle, où son attribution officielle a été rétablie à Francisco Goya en 2021.
Contexte
Le Colosse est depuis longtemps emmêlé dans des débats sur l'attribution et la signification, reflétant des incertitudes plus larges concernant les œuvres tardives de Goya. Une étude technique de 2008 commandée par le Museo del Prado a identifié des anomalies stylistiques et matérielles incongrues avec la pratique de Goya et détecté le monogramme « AJ », suggérant l'attribution à son élève Asensio Julià ; cependant, le musée a finalement conclu que le tableau était d'un suiveur non identifié de Goya, laissant l'attribution non résolue. Des chercheurs tels que Nigel Glendinning ont contesté cette réattribution, arguant que les caractéristiques stylistiques s'alignent sur l'œuvre de Goya et que les prétendues marques « AJ » étaient en réalité des numéros d'inventaire ultérieurs.
L'iconographie du tableau a été interprétée alternativement comme un avertissement contre l'agression napoléonienne ou comme un symbole de la résistance espagnole. Des interpretations le relient au poème de 1810 de Juan Bautista Arriaza Profecía del Pirineo, qui décrit un géant s'élevant des Pyrénées pour s'opposer à l'invasion française, un thème patriotique en résonance avec l'expérience de guerre. Les contemporaines gravures des Désastres de la guerre de Goya et les Peintures noires partagent la composition dramatique et fragmentée de l'œuvre ainsi que son intensité psychologique, situant le Colosse dans l'arc plus large de ses allégories romantiques tardives.
Postérité
Le Colosse a été cité à plusieurs reprises comme un Antikriegsbild (image anti-guerre) fondamental dans le discours historique de l'art, ancrant les débats précoces de l'époque romantique sur la capacité de l'art à représenter le traumatisme collectif. Sa composition inquiétante, où une figure aveuglement furieuse et imposante domine une multitude paniquée, a été répétitivement interprétée comme une métaphore visuelle de la résistance de l'Espagne à l'invasion napoléonienne, le plus directement à travers son alignement avec le poème patriotique de Juan Bautista Arriaza Profecía del Pirineo. La réception ultérieure a oscillé entre attributions à Goya et à son élève Asensio Julià, le rapport technique du Prado de 2008-2009 remettant initialement en question la main de Goya avant de réinstaurer son attribution en 2021 lors de la réinstallation des collections du musée consacrées au XIXe siècle. Malgré ces controverses, le tableau est entré dans l'exposition permanente du Prado en 1931 et demeure un point de repère dans les discussions sur le style tardif de Goya et l'allégorie romantique. Des cinéastes contemporains tels que Guillermo del Toro ont reconnu son influence sur les représentations cinématographiques de l'échelle monstrueuse et du conflit catastrophique.
Artist & collection
Artist
Francisco José de Goya y Lucientes was a Spanish romantic painter and printmaker.


















