Artwork

Judith décapitant Holopherne

Judith décapitant Holopherne, by Artemisia Gentileschi, oil, 1620
Judith décapitant Holopherne, by Artemisia Gentileschi, oil, 1620

Judith décapitant Holopherne is an oil painting by the Early Baroque Italian artist Artemisia Gentileschi. It dates from 1620 and is held in the collection of the Uffizi Gallery.

About this work

Sujet et signification

Le sang jaillissant suit des arcs paraboliques, rendus avec un réalisme brutal grâce à un clair-obscur dramatique.

Le tableau représente l'épisode biblique tiré du livre deutérocanonique de Judith, dans lequel la veuve juive Judith, accompagnée de sa servante Abra, s'infiltre dans le camp assyrien, séduit le général ennemi Holopherne et lui tranche la tête pour sauver son peuple assiégé. Gentileschi centre la composition sur le travail physique du meurtre lui-même, s'éloignant des représentations plus courantes qui montrent les moments précédant ou suivant la décapitation. Sur le plan iconographique, Judith brandit une épée positionnée verticalement dont la forme évoque une croix, tandis qu'elle et Abra arborent des manches retroussées et des expressions résolues, suggérant le meurtre comme une corvée domestique inévitable. Les bras puissants et les visages déterminés des femmes contrastent avec la lutte impuissante d'Holopherne. Le sang jaillissant suit des arcs paraboliques, rendus avec un réalisme brutal grâce à un clair-obscur dramatique. Symboliquement, la robe jaune doré de Judith, ses bijoux et un bracelet orné de camées antiques, représentant peut-être Artémis, la déesse qui défendit violemment sa virginité, la distinguent de sa servante vêtue de bleu et suggèrent une identification entre la peintre et l'héroïne. Durant la Contre-Réforme catholique, Judith servit de figure de vertu divine s'opposant à la tyrannie hérétique, bien que la violence brute du tableau ait également invité des lectures psychologiques concernant la vengeance féminine.

Technique et style

Exécuté à l'huile sur toile, la version des Offices mesure 199 × 162,5 cm et est rendue avec plus de soin et de patience que l'interprétation napolitaine antérieure de Gentileschi. Les trois figures sont disposées dans une composition triangulaire délibérée, où la torsion du buste de Judith et la rotation de son bras droit ajoutent du dynamisme à la scène. Gentileschi utilise un fond sombre, profond et mystérieux pour concentrer l'attention sur l'acte violent, tandis que l'usage habile du clair-obscur produit un contraste drastic entre lumière et ombre, à la fois littéralement et figurativement.

L'artiste distingue Judith de sa servante Abra par une tenue plus riche : Judith porte une robe en damas jaune-or avec un style précis et un bracelet en or orné de camées antiques, tandis qu'Abra est vêtue d'un bleu plus terne, visuellement subordonné à sa maîtresse. Les textiles sont construits par plusieurs glacis et couches, depuis les plis de la couverture en velours rouge et des draps de lin jusqu'à la dentelle de la chemise de Judith et les franges en bas à gauche. Le réalisme brutal du tableau est accentué par l'arc jaillissant du sang carotidien, rendu en projetant directement du pigment rouge depuis le pinceau, de sorte que des gouttelettes se dispersent à la surface selon des courbes paraboliques quasi balistiques.

Histoire et provenance

La version des Offices de Judith décapitant Holopherne a été peinte par Artemisia Gentileschi vers 1620, comme un second traitement, plus grand, d'un sujet qu'elle avait d'abord exploré dans sa toile napolitaine de c. 1612-1613. Elle fut commandée par le grand-duc Cosme II de Médicis, qui avait vraisemblablement vu la version napolitaine antérieure et demanda une variation destinée à son épouse, Marie-Madeleine, dans le cadre d'une plus vaste collection de héroïnes bibliques au palais Pitti. Gentileschi reçut 50 scudi comme paiement, un arrangement pour lequel Galileo Galilei, membre fellow de l'Accademia florentine, aurait intercedé en sa faveur pour garantir la compensation convenue. À la fin du XVIIIe siècle, une grande-duchesse, désapprouvant la violence graphique du tableau, le relégua dans une section isolée des Offices. Il fut endommagé lors de l'attentat terroriste de 1993 contre le palais Pitti et, après restauration, fut retourné à un emplacement périphérique dans la galerie, où il reste dans la collection des Offices.

Contexte

Judith décapitant Holopherne de 1620 par Artemisia Gentileschi s'impose comme une œuvre définitive de l'époque baroque, émergeant durant la Contre-Réforme catholique où l'art religieux servait à réaffirmer la foi par un réalisme accru. Le tableau est fréquemment contextualisé dans la biographie de l'artiste, notamment son procès pour viol, bien que la recherche récente ait déplacé l'accent des lectures purement psychobiographiques vers l'analyse de sa rhétorique visuelle innovante et de sa maîtrise technique. Des historiens de l'art tels que Roberto Longhi et Roland Barthes ont noté l'originalité de l'œuvre par rapport au traitement antérieur de Caravage du sujet, soulignant sa composition triangulaire dynamique et la trajectoire dramatique et balistique du sang. La pièce fut commandée par le grand-duc Cosme II de Médicis, qui aurait cherché une variation de la version napolitaine antérieure de Gentileschi pour son épouse. Malgré sa réception initiale comme trop horrible, conduisant à sa relégation au palais Pitti, l'œuvre est désormais reconnue comme un chef-d'œuvre de tension violente et d'agence féminine dans le canon de l'art du XVIIe siècle.

Héritage

La version des Offices est considérée comme l'œuvre la plus célébrée et reconnaissable d'Artemisia Gentileschi, le tableau auquel son nom est le plus immédiatement associé. Son réalisme brutal attira toutefois initialement la censure : à la fin des années 1700, une grande-duchesse désapprouva la représentation horrible et la fit bannir dans une section isolée des Offices, où elle resta en exposition périphérique même après la restauration suivant l'attentat terroriste de 1993 contre le palais Pitti.

Le tableau a longtemps été interprété à travers le prisme de la biographie de Gentileschi, les critiques y voyant une expression de vengeance féminine suite à son viol par Agostino Tassi. Depuis 2000, des analyses approfondies des dossiers du procès de 1612 ont révélé des incohérences dans cette lecture, et la recherche récente met plutôt l'accent sur la réalisation artistique et picturale innovante du tableau. Roberto Longhi aborda l'œuvre dès 1916, et Roland Barthes l'utilisa plus tard pour clarifier son originalité même par rapport à la version de Caravage. La monographie de Mary D. Garrard de 1991 a davantage consolidé sa place dans les études du baroque italien.

Judith Cutting Off the Head of Holofernes
Judith Cutting Off the Head of Holofernes, Trophime Bigot

Artist & collection

Portrait of Artemisia Gentileschi

Artist

Artemisia Gentileschi

Artemisia Lomi Gentileschi (US: JEN-til-ESK-ee, -⁠teel-; Italian:; 8 July 1593 – after January 1654) was an Italian Baroque painter.

Uffizi Gallery

Museum

Uffizi Gallery

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Studied in the Caravaggio & Baroque course
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